Epoque : XVème, XVIIème siècle pour la construction, XVIIèmesiècle pour le lambris
Caractéristique extérieure : clocher occidental en pierre à 12 petits clochetons
Caractéristique intérieure : lambris peints
Saint dédicataire :
Sainte Noyale
Autrefois église paroissiale du bourg de Noyal, la chapelle actuelle fut abandonnée lors du déplacement du village deux kilomètres plus au sud.
Elle fut rebâtie à partir du XVème siècle et comporte un étrange clocher du XVIIème siècle, couvert d'ardoises et entouré de douze clochetons répartis sur deux rangées.
Cet élément, unique en Bretagne,
donne un étonnant style oriental de pagode à la tour massive et peu ouverte qui le supporte.
Il est assez peu intégré à l'édifice tant à l'extérieur qu'à l'intérieur.
Le portail méridional commencé en 1423 - la date est inscrite à l'intérieur
- fut offert par la famille des Rohan comme indulgence au moment de leur conversion au
catholicisme. Seuls les porches de Notre-Dame de Quelven et de Kernascléden peuvent
lui être comparés. Un arc en plein cintre, aux voussures sculptées, est fermé d'une
grille monumentale qui cache dans un décor de fleuron et de pinacles une porte double
reliée par une accolade. Une statue de Notre-Dame-des-fleurs sépare les deux ouvertures.
Le porche est dallé de granite et possède des bancs de chaque coté. On remarque un
cadran solaire sur le bras sud du transept. Les baies sont, pour l'essentiel,
fleurdelisées et peuvent donc être datées de la fin du XVème siècle, celles du
chœur sont décorées de fleurons.
L'intérieur se caractérise par les magnifiques lambris du XVIIème siècle qui retrace
la vie de Sainte Noyale dans la nef, celle du Christ dans le transept.
Les tableaux peints dans un décor végétal raconte aux fidèles la vie et la mort
exemplaires de la sainte ainsi que ses deux plus grandes qualités qui étaient la
piété et la générosité. A la croisée du transept, huit vierges saintes montrent
leurs attributs traditionnels ou les instruments de leur martyr. Sainte Agathe
porte ses seins sur un plateau, une sainte inconnue conduit le regard vers
Sainte Erémentienne qui maintient une pierre sur son ventre de façon à retenir
ses entrailles et sainte Cécile, assise à un clavecin complète plus gaiement ces figures.
Sainte Marguerite est assise paisiblement au-dessus du dragon qui la dévorât,
sainte Catherine porte l'épée et la roue de son supplice, sainte Barbe est reconnaissable
à la tour où elle fut enfermée et sainte Appoline à la tenaille qui servit à lui
arracher les dents. La longue nef est percée de baies dont les ébrasements portent
encore des traces de polychromie en forme d'épi ou de volute, particulièrement la
fenêtre de la nef située juste avant le transept sud.
Le mobilier des XVIIème et XVIIIème siècles est remarquable. Les retables de type
lavallois en bois sculpté et doré présentent de nombreuses statues. Dans le chœur,
on reconnaît sainte Catherine et Sainte Noyale portant sa tête, une vierge "hanchée "
du XVème siècle occupe la place supérieure, dans un décor de têtes d'angelots et
d'éléments d'architecture. Le bras nord du transept est occupé par les statues de
sainte Catherine et de Saint Jean-Baptiste qui encadrent l'autel. Le panneau
central du retable situé au sud représente Sainte Noyale, la tête entre les mains,
assistant à la messe. Il est entouré d'une statue de Saint Nicolas en pierre
blanche, la seule de l'édifice, et d'une autre, en bois polychrome, de
Jacques le Majeur en tenue de pèlerin. Appuyé sous la baie du bras sud, on peut
admirer un très bel Ecce Homo en bois polychrome taillé d'un seul tenant.
Dans le chœur les statues de Jean et de Marie, provenant probablement d'un groupe
de crucifixion, présentent la particularité d'avoir été grattées à la suite d'un vol
dans la perspective de les repeindre. Elles ont heureusement réintégré la chapelle
mais deux autres statues ont été définitivement perdues.
Lieux associés:
Le calvaire de Sainte Noyale porte la date de 1424 dans un décor extrêmement travaillé. Le fût penché est surmonté par une scène de la crucifixion d'un côté et d'une Vierge à l'enfant sur l'autre face. Les têtes de quatre anges et des quatre évangélistes constituent la base de ces scènes.
Une fontaine de style gothique aux vertus curatives se dissimule non loin de la chapelle.
L'oratoire Saint-Jean construit dans la première moitié du XVème siècle est aujourd'hui décoré de lambris des XVII et XVIIIème siècles qui relatent dans cet espace sombre et restreint, la légende de Sainte Noyale. La sablière et les entraits sont sculptés.
La pièce de la fabrique, construite en 1719 dans le prolongement de la chapelle abrite un mobilier exécuté sur mesure et encastré dans les murs. Ils renferment une crécerelle rudimentaire servant à annoncer l'office du vendredi Saint, un plat de quête en laiton gravé de l'effigie de Sainte Noyale et un petit ange, utilisé pour allumer le feu de jeu du pardon, comme à Quelven et à Saint-Nicodème en Pluméliau.
Lambris peints
1680-1700 - .MH
Les lambris peints historiés de la nef de la chapelle Sainte-Noyale sont consacrés à l’hagiographie de la sainte dédicataire du lieu. Deux registres content la venue de Grande-Bretagne de Noyale, son installation près de Bignan, sa rencontre avec le cruel Nizan qui la décapita après qu’elle eut refusé de l’épouser et enfin, sa marche de sainte céphalophore jusqu’à ce lieu.
Dans les huit compartiments de la croisée figurent huit vierges martyres : Catherine, Barbe, Apolline, Marguerite, Cécile, Agathe, Lucie et la Madeleine provençale.
Les bras du transept et le chœur sont réservés au Christ et à la Vierge Marie.
L’intérêt de ces lambris réside dans le vocabulaire décoratif déployé autour des panneaux peints. Les cadres à laurier, les atlantes, les pots à feu, les guirlandes de fleurs, les rinceaux feuillus, les anges voletants ainsi que la balustrade monumentale sont directement inspirés des gravures du Parisien Lepautre. Les recueils de cet ornemaniste, véritables catalogues de décoration, sont connus en Bretagne dès leur diffusion. Les artistes locaux reprennent à leur compte ces modèles prisés par la cour de Louis XIV. L’assimilation de ces décors royaux avec le légendaire breton si pittoresque ne manque pas de charme assurément. Ne serait-ce pas également une tentative discrète d’officialisation des saintes et des saints armoricains auxquels Rome refusait béatification et canonisation ?
BN