Epoque : 1620 pour la construction et agrandissements au XIXème siècle
Caractéristiques extérieures : longue croix latine, chevet plat, clocher occidental en pierre
Caractéristiques intérieures : lambris peints, sablières sculptées
Saint dédicataire :
Saint Thuriau
L'église paroissiale de Saint Thuriau fut construite vers 1620,
sur des bases plus anciennes, par la famille Lentivy du Rest. Trève de Noyal-Pontivy à l'origine,
elle fut érigée en paroisse en 1802 et constitue aujourd'hui un des cotés
de la place triangulaire, au cœur du bourg de Saint Thuriau.
Une tour surmontée d'une flèche en pierre et flanquée de deux galeries à jour termine les longues façades de l'église, rythmée par de nombreuses ouvertures.
Dans la nef, on observe des fenêtres en plein cintre à ébrasement concave. Au sud, un porche abritant
des bancs voisine la porte du transept, décorée d'une accolade à fleuron et de pilastres
agrémentés de sculptures d'animaux et surmontée par un cadran solaire de 1636.
Les motifs de crochet se retrouvent sur les rampants des pignons du transept.
Les baies sont dissymétriques : au nord, les deux étroites baies jumelées voisinent
une autre petite ouverture ; au sud, la fenêtre en arc brisé, entouré de colonnettes,
contient un beau vitrail du XVIIème siècle restauré et classé.
L'intérieur de l'église se caractérise par une tribune occidentale, des fonds
baptismaux situés dans une pièce en rotonde au nord, et surtout par le plafond,
lambrissé dans sa totalité, qui raconte en vingt-quatre tableaux la vie de Saint Thuriau
et le pouvoir de ses reliques.
Chaque tableau est entouré de motifs floraux et d'un
cadre doré. Les peintures originales auraient été exécutées par un artiste italien en
1779, mais pendant la Révolution, un incendie volontaire les noircît.
Ils furent restaurés avec plus ou moins d'exactitude quelques années plus tard.
Par ailleurs, les sablières ne manquent pas d'intérêt. En dehors des blochets du chœur,
on reconnaît dans la nef, deux lions couchés tenant entre eux un blason uni et un
personnage entre deux monstres qui s'avancent pour le dévorer. Les retables du
XVIIème siècle abritent dans un décor d'angelots les statues du Père Eternel,
de saint Thuriau et de saint Corentin pour celui du chœur, la Vierge et Saint Julien
dans le bras nord du transept et Saint Jean-Baptiste et saint Matthieu au sud.
Au-dessus de ces derniers on remarque un décor en trompe l'œil représentant
Saint Isidore dans une niche entourée de dauphins sur fond d'un grand manteau royal
retenu comme un rideau de théâtre à l'italienne. La chaire à prêcher date du XIXème siècle.
Lambris peints
1779 - .MH
Ancienne trêve de Noyal-Pontivy, la fabrique de saint Thuriau a célébré en 1779 son saint patron, en commandant la décoration de la voûte lambrissée de son église. Le lambris peint et historié constitue un élément de l’ornementation des édifices religieux aux XVIIème et XVIIIème siècles, au même titre que les retables. Il permettait un rappel des traits saillants de la vie du saint patron de la paroisse. L’artiste représentait souvent les personnages vêtus à l’identique de ses contemporains. Peu de ces lambris nous sont parvenus intacts, en raison de la mauvaise qualité des bois utilisés ou de nombreuses modifications d’églises au siècle dernier.
Les miracles de saint Thuriau, évêque breton du VIIIème siècle, nous sont contés au travers de trente-quatre panneaux historiés et quatorze portraits en médaillon, encadrés d’une frise végétale, de guirlandes ou surmontés de corbeilles de fleurs. Huit panneaux encadrent le chœur.
Œuvre d’un artiste local, le traitement pictural de ce lambris est naïf, parfois maladroit. L’artiste s‘est sans doute inspiré de modèles locaux (lambris de Sainte-Barbe, Sainte-Tréphine et Sainte-Noyale) sans toutefois reproduire la qualité et la maîtrise de ceux-ci, exécutés dans la première moitié du XVIIIème siècle.
DM