Chapelle Saint-Nicolas, Saint-Nicolas-des-Eaux, Pluméliau

Au bord du Blavet, à Saint-Nicolas, il existait un prieuré fondé en 1120 par deux seigneurs. Il relevait de l'abbaye de Saint-Florent-le-Veil en Anjou. La proximité de la rivière et la présence d'un pont expliquent peut-être l'édification d'une chapelle dédiée à Nicolas, protecteur des bateliers. 

La chapelle, sous sa forme actuelle, peut être datée grâce à l’inscription placée sur la sablière sud du chœur :  « JEHAN LAYEC FIST LE BOYS DE CESTE (CHAPELLE) LAN MVCXXIIII (1524) ». Le clocheton a été monté au XIXème siècle. Cette chapelle en granite a un plan en croix latine.

A l’intérieur, la charpente de bois était couverte d’un lambris (traditionnellement peint). Elle laisse apparaître des sablières finement sculptées de rinceaux, d’animaux et de personnages. Ces décors sont l’œuvre de Jean Le Layec, charpentier de Moréac, également auteur des sablières de la chapelle Saint-Nicodème, à Pluméliau. Ces sablières offraient souvent l’occasion au seigneur fondateur de placer son blason, signe de sa prééminence ou pour le recteur, d’associer son nom à la réalisation de l’édifice.
Autrefois polychromes, elles recèlent un bestiaire fantastique au traitement naïf, parfois grossier. Hommes écartelés par des licornes, personnages sortant de la gueule d’un dragon, thèmes inspirés du roman de Renart et visages grimaçants, ces représentations sont l’expression d’une certaine culture profane et populaire.
La chapelle a subi des remaniements comme en témoignent les nombreuses baies aujourd’hui comblées.