Pascal Pinaud les.artistes.2018 Lart dans les chapelles. Art contemporain et patrimoine en Bretagne

Tous les dégouts sont dans ma nature, La Verrière Hermes, Bruxelles, 2007  ©Adagp, Paris 2018

Pascal Pinaud

Pascal Pinaud s’emploie depuis la fin des années 1980 à réinventer et à réenchanter la peinture. Celui qui s’est présenté en 1998 sous le titre de PPP : Pascal Pinaud Peintre, puise dans une histoire de la peinture et reformule les révolutions, techniques et picturales, de ses pères. Peintre au sens large car il est également sculpteur, photographe, collectionneur et commissaire d’exposition. Sa conception de la peinture est éclatée et protéiforme. Les différents médiums sont pour lui un prétexte pour jongler entre les registres, les époques et les cultures. Non sans ironie, humour et affection pour les objets qu’il manipule, l’artiste ouvre un large champ d’interprétations et de lectures, au plus grand plaisir du regardeur. Pascal Pinaud se présente comme un peintre. Pourtant, il ne peint pratiquement pas. Il associe les matériaux et travaille avec des professionnels et des artisans. PPP est aussi un logo, une marque de fabrique incluant ses partenaires qui font partie intégrante du processus artistique. PPP est l’acronyme d’un travail d’atelier collectif et interdépendant. S’il participe au renouvellement du genre, il sort aussi de la toile pour mettre en scène des constructions et assemblages tridimensionnels. Alors l’histoire de la peinture y est triturée, examinée, réappropriée et reformulée.

Il extrait de son héritage une relation concrète et conceptuelle avec le matériau : son origine, sa fonction et ses propriétés. Sur un principe assimilable à celui développé par l’école du Bauhaus, il fusionne art, artisanat, pratiques vernaculaires et productions industrielles, sérielles. Son atelier rassemble différents corps de métiers où chacun apporte ses aptitudes spécifiques. Son oeuvre secoue nos mémoires, nos histoires, nos souvenirs et notre rapport à l’art. Chacune de ses pièces possède un caractère polysémique. Avec ironie, il bouleverse les repères, les codes et les langages artistiques habituels. L’artiste crée la surprise et nous démontre que l’histoire de l’art est infinie, malléable et remodulable. Elle n’est pas un carcan univoque, austère et liée au passé, bien au contraire elle est une source intarissable d’idées, de formes, de matériaux et de techniques que Pascal Pinaud s’applique à renouveler. Au sein d’une scénographique foisonnante et prolifique, il déploie sa vision de l’histoire de l’art : plurielle, riche, amusante, surprenante et généreuse.
Julie Crenn, 2012

Pascal Pinaud est né en 1964, il vit et travaille à Nice
pascalpinaud.org

Chapelle Saint-Nicolas, Saint-Nicolas-des-Eaux, Pluméliau

les.artistes.2018 Chapelle Saint-Nicolas, Saint-Nicolas-des-Eaux, Pluméliau

Au bord du Blavet, à Saint-Nicolas, il existait un prieuré fondé en 1120 par deux seigneurs. Il relevait de l'abbaye de Saint-Florent-le-Veil en Anjou. La proximité de la rivière et la présence d'un pont expliquent peut-être l'édification d'une chapelle dédiée à Nicolas, protecteur des bateliers. 

La chapelle, sous sa forme actuelle, peut être datée grâce à l’inscription placée sur la sablière sud du chœur :  « JEHAN LAYEC FIST LE BOYS DE CESTE (CHAPELLE) LAN MVCXXIIII (1524) ». Le clocheton a été monté au XIXème siècle. Cette chapelle en granite a un plan en croix latine.

A l’intérieur, la charpente de bois était couverte d’un lambris (traditionnellement peint). Elle laisse apparaître des sablières finement sculptées de rinceaux, d’animaux et de personnages. Ces décors sont l’œuvre de Jean Le Layec, charpentier de Moréac, également auteur des sablières de la chapelle Saint-Nicodème, à Pluméliau. Ces sablières offraient souvent l’occasion au seigneur fondateur de placer son blason, signe de sa prééminence ou pour le recteur, d’associer son nom à la réalisation de l’édifice.
Autrefois polychromes, elles recèlent un bestiaire fantastique au traitement naïf, parfois grossier. Hommes écartelés par des licornes, personnages sortant de la gueule d’un dragon, thèmes inspirés du roman de Renart et visages grimaçants, ces représentations sont l’expression d’une certaine culture profane et populaire.
La chapelle a subi des remaniements comme en témoignent les nombreuses baies aujourd’hui comblées.