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Christelle Famliari, Sans titre (à Claire), chapelle Saint-Meldéoc, Locmeltro, Guern, L’art dans les chapelles, 2014 © Laurent Grivet
Sans titre (à Claire), impression sur tissu, terre séchée, bois, 2014

Christelle Familiari
Chapelle Saint-Meldéoc, Locmetro, Guern

L’œuvre de Christelle Familiari n’a rien à voir avec la vitesse, la trajectoire ou la distance parcourue. Elle provient de la patience – on dirait presque une « patience obstinée » –, de la répétition, de la façon empirique qu’a l’artiste de ne pas envisager la création de manière linéaire et progressive. Les oeuvres antérieures reviennent ainsi régulièrement « augmentées » ou, au contraire, « diminuées ». Une sculpture réapparaît, mais descendue de son socle. Une performance est rejouée à travers une série de lithographies. Un collage en papier acquiert une troisième dimension pour devenir une grande sculpture en résine.
Des pièces en argile non cuite sont posées sur des planches à roulettes dans une exposition ; deux ans plus tard, on découvre dans une installation les mêmes formes, mais légèrement agrandies, cuites, émaillées et disposées au sol. Un fond de terre oublié dans un vieux seau traînant dans un atelier est récupéré puis enroulé dans une bande de plâtre pour former une petite sculpture ronde. L’oeuvre se déploie ainsi en boucles, en variations, en réinterprétations, en allers-retours permanents.
Christelle Familiari construit son oeuvre à la mesure de son corps, de son énergie, de son endurance, de ses mouvements, de ses gestes favoris, de son champ d’expérience. Il faut notamment souligner l’importance des mains et des doigts dans son travail. Sur certaines vidéos ou photographies réalisées au début de sa carrière, on les voyait de manière explicite. Exemplaire, J’me tourne les pouces est une vidéo où l’on voit l’artiste, assise sur un canapé, se tourner les pouces pendant
une heure. On retrouve cette prédominance du toucher et du senti dans des pièces plus récentes, résolument sculpturales. Si les mains et les doigts n’y sont pas figurés, on les perçoit à travers des empreintes, des torsions de matériaux, de savants maillages, des entortillements d’éléments ; certaines sculptures semblent avoir été caressées, d’autres énergiquement pressées ou longuement pétries. Pour les pièces qu’elle réalise elle-même, Christelle Familiari n’utilise pas d’outils (excepté des ciseaux pour les collages ). Les formes naissent donc des gestes, sans intermédiaire : caresses, pressions, torsions, palpations, ainsi que – plus minutieux – maillages, entortillements, tressages, tissages, enfilages.

Elisabeth Wetterwald
Texte extrait du catalogue monographique de Christelle Familiari, coédition La Chapelle du Genêteil, centre d’art contemporain, Château-Gontier/ Le Parvis, centre d’art contemporain, Ibos. Parution Septembre 2010

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Née en 1972, vit et travaille à Paris
www.christellefamiliari.com
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Programmation 2014
Élodie Boutry / Leïla Brett / Anne Deguelle / Christelle Familiari / Isabelle Ferreira / Matthieu Husser / Denis Laget / Stephen Maas / Aurélien Maillard / Pierre Petit / Matthieu Pilaud / Anne Rochette / Sylvie Ruaulx / Jean-Marc Ségalen* / Édouard Sautai / Veronique Verstraete / Emmanuelle Villard
*œuvre de la collection du FRAC Bretagne

 

Entretien radiophonique avec Christelle Familiari
Réalisé en partenariat avec Radio Bro Gwened (www.radiobreizh.net)