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Patrice Carré
Tapis Instantané
Œuvre issue de la collection du FRAC Bretagne
Chapelle Saint-Adrien, Saint-Barthélémy

Depuis l’école des Beaux Arts de Caen où j’ai fais mes études, en abordant principalement des moyens photographiques, la réflexion (penser faire) s’est développée ensuite à partir de la production de sculptures, réalisées en bois. Proche d’assemblages de menuiserie, reprenant à une échelle humaine ce qui était auparavant de l’ordre de la maquette juste pour la photographie.
Les images photographiques subsistent sous des formes diversifiées, et des installations qui peuvent avoir pour point de départ des objets à caractère domestique. Ils sont utilisés tel quel, ou comme source à être modifiés, et ou recopiés pour produire un déplacement de sens.
La fabrication d’enceintes acoustiques plutôt décalées prolonge ce travail de sculpture. Je fais des sculptures avec du son au bout… J’utilise également des sortes de « promenades » au travers de récits et histoires connus et appartenant à une culture collective du XX siècle dans lesquels je peux extraire des fragments.
Le choix des médiums est forcément diversifié. Il est approprié aux pièces. Il balance entre l’usage de matériaux et aspects avec un coté « fait main » et de l’autre, des procédés industriels pour certaines fabrications. Selon les projets, je peux glisser sans honte vers des contrées décoratives. La nature des lieux où ils vont se placer prend une grande importance. La contextualisation influencera
l’orientation des formes proposées.
Je continue à lire les oeuvres de Gustave Le Rouge à Roland Barthes, entre autres. Et regarder encore et encore les oeuvres de Marcel Duchamp, André Raffray, François Morellet, Hergé… Le cinéma de Jacques Tati, et une certaine peinture depuis les années 60. Ainsi bien entendu que les plus jeunes…
Il est vrai que mon travail artistique n’est pas identifiable à un médium en particulier. Je suis plutôt comme un auteur de situations que je prédéfinis en fixant certaines règles du jeu ou contraintes, et dans lesquelles j’agis ensuite. Ce qui peut soulever quelques problèmes sur mon identification artistique, cependant je sais ou me situer, nommer et repérer ce qui est moteur dans le travail. Il s’agit du vaste champ de certains objets manufacturés qui m’entoure, et la curiosité presque anthropologique de leur émergence et de leurs usages orthodoxes ou dévoyés (joie toujours renouvelée de mettre les pieds dans une quincaillerie !). Le son, la texture sonore, la musique et ses représentations ont une grande importance pour certains projets. Ainsi que d’une façon plus générale le modernisme, la question du montage et de l’assemblage des formes et des idées. Un moteur plus intime agit certainement en filigrane sur mes idées, il résulte de l’histoire de la famille dont je suis issu.
Le son est un des moyens pour prolonger la perception de certaines pièces, comme pour leur donner la parole. Il s’agit de sources sonores empruntées à des espaces naturels et prélevés également dans différents médias, associés à des musiques. La part de la recomposition -le mixage- de cette matière sonore est importante. Elle devient une sorte de « matière plastique » transparente.
Des pièces sonores depuis 1986 ont été montrées dans plusieurs expositions importantes au Musée de Coblence, au Musée d’art contemporain de Lyon, également dans une exposition de groupe à Pittsburgh à Mattress Factory.
Depuis quelque temps je travaille sur certaines pièces avec Mathieu Chauvin qui est compositeur, et nous sommes associés pour le projet PopSteam ; il s’agit de performances-concerts qui rassemblent de l’électronique et des cocottes-minute. Un genre de musique à l’eau et à l’électricité.
En parallèle à des participations à des expositions, j’ai réalisé plusieurs commandes publiques dont le café-musiques de Beauvais ; la commande portait sur l’ensemble du mobilier ainsi que sur les systèmes de diffusion sonores ;les enceintes.
J’ai également réalisé une commande pour un nouveau parc automobile souterrain LPA à l’aéroport de Lyon St Exupery ainsi que la production d’objets à caractère plus « décoratif » pour la nouvelle médiathèque de Lannion en Bretagne. Il s’agissait d’ un tapis, d’un lustre et d’une ligne lumineuse pour la façade du bâtiment.
J’ai conçu une commande publique pour un collège à Montpellier ou j’ai travaillé en association pour la partie sonore avec Mathieu Chauvin compositeur.
J’ai récemment terminé un projet à Dunkerque dans le cadre des Nouveaux commanditaires et la Fondation de France, avec le lieu d’art contemporain Art connexion à Lille.
Qu’il s’agisse de dessins, de photos, de peinture, ou de construction dans l’espace j’ai un certain attachement à une forme de « ligne claire » qui croise un plaisir du jeu langagier. Le meilleur moment pour moi c’est lorsque le jeu commence.

 

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Patrice Carré est né en 1957
Il vit et travaille à Marseille
www.documentsdartistes.org/carre
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Entretien radiophonique avec Patrice Carré
Réalisé en partenariat avec Radio Bro Gwened (www.radiobreizh.net
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